grossesses precoces en milieu scolaire

 Grossesses précoces en milieu scolaire en côte d’ivoire

Selon un rapport du ministère ivoirien de l‘Éducation nationale publié en avril 2017, 4 471 cas de grossesses ont été recensés dans les écoles de Côte d’Ivoire au cours de la rentrée 2016-2017.

La question des grossesses en milieu scolaire reste une équation irrésolue. De nombreuses jeunes filles dont l‘âge varie entre 13-17 ans sont obligées d’abandonner l‘école à cause de leurs états.

Pour certaines, les parents sont sans compassion, ils leur demandent de faire un choix entre l‘école et leurs bébés. Ainsi, quand elles optent pour les bébés, ils ne s’occupent plus de leur éducation scolaire.

« Mes parents disent qu’ils ne peuvent pas en même temps payer mes cours et s’occuper de mon état. Ils m’ont demandé de faire un choix et j’ai décidé de rester à la maison. », a affirmé au site afrique.le360, Aline, une jeune fille de 16 ans.

Si le chiffre (4 471) est alarmant, il faut dire qu’il est nettement mieux que les années précédentes. De nombreuses sensibilisations sur les grossesses scolaires ont été menées par le gouvernement ivoirien et plusieurs ONG locales. De 6.800 cas en 2014-2015, le chiffre est passé à 5.900 cas en 2015-2016, puis 4 471 cas en 2017

*les élèves sont les premiers auteurs

Si le phénomène des grossesses en milieu scolaire a été réduit de 27% au cours de l’année scolaire 2015-2016, selon Dr. N’Fah Santogo, représentant Dr. Joséphine Yéné Ouattara, directrice de la Direction de la mutualité et des œuvres sociales (Dmoss), le séminaire « bilan 2016, objectif 2017 », ouvert ce lundi 11 avril 2017, à Yamoussoukro,  a permis d’avoir une idée  nette du fléau.

Selon une étude menée par ladite structure dont les résultats ont été présentés à cette occasion par Dr. Traoré Mori, les élèves sont les premiers auteurs desdites grossesses. Ils se taillent 80% des cas, suivis des étudiants avec 15% et enfin des enseignants (instituteurs et professeurs) qui sont impliqués dans 4% des cas.

L’étude révèle en outre que 3/4, c’est-à-dire 75% des grossesses sont contractées au premier cycle avec un grand nombre dans les classes de 3ème. Au second cycle, c’est un cas sur cinq qui est enregistré. L’âge des filles enceintes oscille entre 10 et 24 ans, avec 70% qui ont moins de 18 ans. 58% des jeunes élèves enceintées vivent en famille; 29% chez des tuteurs; 17% vivent seules et 2% en ménage.

S’agissant de l’éducation, les études de la Dmoss montrent encore que l’hygiène mentale constitue la première cause de la sortie de classe des enseignants. La neurologie arrive en deuxième facteur.

Quant aux  pathologies enregistrées au niveau du ministère de l’Éducation nationale, de l’Enseignement technique et de la Formation professionnelle, sur 4081 visites médicales effectuées, l’hypertension occupe 28% suivie de l’obésité qui fait 21% ainsi que les autres pathologies qui font 21%. Des maladies liées à la sédentarité, selon Dr. Traoré.

Ce fut aussi l’occasion pour le représentant de Mme la Dmoss de présenter des acquis à capitaliser. Il s’agit de l’intérêt croissant qu’accordent désormais les personnels du secteur éducation/formation à la mutuelle; l’état sanitaire amélioré des personnels du Menet-Fp par la réalisation continue de la visite médicale systématique; et enfin la réduction du nombre des grossesses précoces à l’école dans l’ordre de 27% après trois années de mise en œuvre du « plan accéléré de réduction des grossesses à l’école ». « Cet atelier bilan nous permettra d’analyser les résultats obtenus au cours de l’exercice écoulé et d’entrevoir des solutions aux défis à relever », a-t-il indiqué.

Pour M. Kabran Assoumou, directeur de cabinet, représentant la ministre de l’Éducation nationale, ce séminaire bilan qui a pour thème « Contribution de la Dmoss pour l’émergence d’une école de qualité » présente des perspectives heureuses et interpelle.

En effet, dira-t-il, la dimension sociale et sanitaire de la Dmoss commande la responsabilité de s’occuper au quotidien des élèves et des personnels du ministère. C’est-à-dire veiller à leur bien-être physique, mental et social, dans un environnement scolaire propice à l’apprentissage et à l’exercice des professions éducatives.

« Si globalement les résultats sont satisfaisants, à l’image de l’ensemble du système, il faut toujours améliorer les indicateurs relatifs à l’accès et au maintien à l’école de tous les enfants de Côte d’Ivoire », a recommandé le directeur de cabinet de la ministre Kandia Camara.

 

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